Samedi 17 janvier

A en croire Christine Angot, ce n’est pas le moment de chroniquer Houellebecq. Ca ne l’empêche pas d’y aller d’une page entière dans Le Monde des livres de cette semaine pour prendre le contrepied d’Emmanuel Carrère dans le précédent supplément du même journal et nous dire toute la détestation que lui inspire Soumission et son auteur.

Moi, elle commence à m’énerver, Christine Angot avec ses fatwas. Hier Marcela Iacub, aujourd’hui Michel Houellebecq et Carrère au passage, voilà Angot, dans la pose du grand écrivain outragé,  drapée dans sa toge de procureur impitoyable de la République des Lettres, qui lance sans vergogne l’anathème sur quelqu’un qui, à l’en croire,  » salit celui qui le lit ». Pour un peu, elle tiendrait  à propos de Soumission les propos abjects du bonhomme qui disait d’Une semaine de vacances : « C’est un livre qui finira là où il commence: dans les chiottes. »

En vérité,il y a quelque chose de complètement étranger à Christine Angot:  le rire. Comme les moines du Roman de la Rose d’Eco, ou comme les talibans afghans, elle est absolument insensible au rire. Pire, elle le condamne. Or s’il est une raison majeure de chroniquer aujourd’hui Soumission, c’est bien moins à cause du  carambolage des dates entre les attentats contre Charlie Hebdo et la sortie des prophéties du mage Houellebecq, comme le titrait justement Charlie fin décembre, que pour l’arme la plus efficace qu’il nous procure pour surmonter ces atrocités, à savoir le rire. Et je vois plus de misanthropie et de violence dans l’imperméabilité au rire d’Angot que dans la peinture drôlatique et la mélancolique configuration du dernier rivage que Michel Houellebecq fait de notre temps.

Une réflexion au sujet de « Samedi 17 janvier »

  1. Pourquoi choisir la médiocrité? Est-ce le moment de chroniquer Christine Angot?
    C’est incroyable comme la mascotte des psychanalystes arrive toujours à faire parler d’elle. Elle y arrive avec une facilité déconcertante et nous mène tous par le bout du nez. Même si c’est pour dire qu’elle « commence » à vous énerver, vous êtes tombé dans le panneau. Vous êtes vraiment bienveillant, même envers cette frustrée de l’écriture qui, n’étant pas capable d’écrire, se venge en démolissant ceux qui y arrivent.
    Si j’avais la plume aussi alerte que vous, j’écrirais bien un billet sur votre billet pour vous demander de ne pas parler de la Reine Angot. Mais en faisant cela je parlerais encore d’elle…
    On nous bassine à longueur de colonnes avec des personnages aussi odieux que grotesques. Je ne les citerai pas… Je n’en nommerai qu’une… Angot en gras et surligné.
    Je lisais l’autre jour Pierre Jourde « La première pierre » et qui cite-t-il à plusieurs reprises? Je vous le donne en mille.
    Christine Angot, en gros, vous lui consacrez une page… Alors que vous n’accordez que deux lignes au majestueux Musil.
    De grâce, parlez-nous des écrivains! Mais oui, parlons littérature enfin! Choisissons la qualité que diable!
    Sur ce, je vais écouter un peu de musique : Christine… and the Queens par exemple! :)

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