Mercredi 3 décembre

J’ai eu la visite de Juliette Le Monnyer , caméra au poing et arborant fièrement sa banderolle, qui dit : Nous sommes le contraire de l’ataraxie et non:  Nous ne sommes pas une ataraxie - mea culpa, je m’en étais souvenu un rien  approximativement. C’est le genre de formules qui fleurissaient en mai 68. Je n’avais que des raisons de l’accueillir, tant une telle phrase donne le la de l’expérience psychanalytique.

C’est le genre de phrase qu’on imagine bien aussi dans un film de Jean-Luc Godard. Enfin j’ai vu Adieu au langage. Un chien, qui va librement, toujours seul, et à qui il n’est adressé la parole qu’une fois, pour le mettre dehors, un homme et une femme étrangers l’un à l’autre, et le monde comme une USINE A GAZ, avec la guerre à l’horizon.  Une parfaite illustration de ce propos de Serge Daney: Un c’est la solitude; deux c’est le couple; à partir de trois c’est la guerre mondiale. Mais aussi le lac Leman, des rivières, de la neige, le ciel, des arbres, des feuilles mortes. Des images sublimes. Ce serait un hymne rousseauiste à la nature (qui plus que Rousseau a rêvé de dire adieu au langage?)  si Godard ne s’employait pas à briser toute complaisance contemplative. Ce à quoi son usage retors de la 3D réussit à merveille.

 

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