Mardi 10 avril

 

Sur les conseils de Philippe Hellebois, je suis allé voir 38 témoins, le film de Lucas Belvaux, et sur ceux d’Isabelle Martin, Elena, film russe de André Zvioguintsev.                                       Deux films noirs, qui n’incitent pas particulièrement le spectateur à l’amour du prochain .

Dans Elena, histoire de l’empoisonnement d’un homme riche par sa compagne, parce que celui-ci refuse son assistance matérielle aux enfants de celle-là,  ce qui frappe, c’est l’absence du sentiment de culpabilité. C’est Crime sans châtiment. La Russie de Dostoïevski a vécu, dirait-on. La fin vaut les moyens et celui qui a le fric a gagné, point final. En toute impunité.

38 témoins transpose au Havre un fait divers arrivé dans une ville américaine il y a quelques décennies.: une jeune femme se fait assassiner de nuit sur la voie publique, mais personne dans les immeubles avoisinants n’a rien vu, ni surtout entendu. Du moins c’est ce qu’ils affirment aux enquêteurs. Tous sauf un, poursuivi par le remords de ne pas être intervenu, et hanté par  le cri déchirant poussé par la victime. Histoire de la lâcheté ordinaire, 38 témoins dépeint surtout formidablement la descente aux enfers du seul qui ne veut pas être compris, donc excusé, mais jugé.

Sans doute est-ce là le point commun à ces deux films: tous deux à leur manière font mesurer qu’il y a des actes , mais aussi des non actes, qu’il n’y a guère à comprendre mais à juger.

 

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