Jeudi 18 septembre

J’ai déjeuné ce midi à Paris avec Marcela Iacub, qui ouvrira le bal de la prochaine saison du « cabinet de réflexion » au Théatre Marni ( thème de cette année: Politiques du corps). il y avait aussi Lola, sa  fort sympathique petite chienne. Du coup, nous avons beaucoup parlé des animaux, des perroquets, des girafes, des éléphants. Préfère-t-elle la société des animaux à celle des hommes? Il lui arrive en tous cas d’avoir honte d’appartenir à l’humanité.

J’ai pris grand  plaisir à cette conversation. J’ai découvert une personne originale, d’une grande vivacité intellectuelle, mais aussi quelqu’un d’étonnamment sensible, qui en vérité n’a rien d’une cynique. Sa détestation du moralisme ambiant tient peut-être d’un certain attrait pour la transgression, mais d’abord de la conviction politique.

Marcela Iacub a beaucoup écrit sur le droit, tout spécialement en matière de moeurs. Mais  ses réflexions à ce propos croisent bien des aspects de la vie sociale: économie, urbanisme, santé, art. Elle  aspire à une société libertaire, dont les institutions veilleraient à favoriser le désir et élargir le lien social au lieu de le rétrécir. Un idéal fouriériste teinté de Wilhelm Reich qu’on pourrait tenir pour candide si il n’y avait pas chez elle quelque idée de la solitude foncière de l’être humain et des malheurs que l’impératif de jouissance peut aussi occasionner. C’est ainsi qu’elle peut soutenir que nous sommes des sortes de  machines sexuelles dont toutes les passions ont droit de cité, et en même temps porter une vénération à Léon Tolstoï, dont ce n’était quand même pas exactement la pente !

 

 

 

 

 

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