Dimanche 1 avril

 

Un navire sans quille: c’est ainsi que Sarkozy qualifiait la campagne présidentielle, morne et inintéressante, avant sa propre entrée en piste. Il n’en a plus été  tout à fait ainsi sitôt qu’il s’est lancé dans la bagarre, mais surtout, quoi qu’on en dise,  depuis la tuerie de Toulouse.

Celui qui me l’a fait m’en apercevoir, c’est François Bayrou, plus moraliste et donneur de leçon que jamais, qui professait que, non, la campagne ne devait aucunement s’arrêter, au contraire: elle devait obliger chacun à réfléchir au sens de son action, à dessiner des perspectives, à dépasser les intérêts partisans, etc…Oh les nobles intentions ! Mais moi une chose m’a frappé, c’est que je n’ai pas entendu une seule fois François Bayrou consentir à  employer le mot « Juif ». il en disait long, ce mot qui ne sortait pas de sa bouche.

Bien sûr on peut se questionner sur le peu d’état d’âme de Nicolas Sarkozy et son rapport assez stupéfiant à la parole. Moins divisé que lui, tu meurs. On peut  à l’inverse s’affliger de la pâleur de François Hollande, l’homme normal, le marrant (dit-on) devenu austère après l’austère qui se marre. On continuera naturellement à ne rien croire à la rédemption lepeniste par sa fille. On pourra aussi sourire de Mélanchon,  que Cohn-Bendit comparait assez justement à Claude François rayon nostalgie de la France d’hier.  Mais c’est à mes yeux François Bayrou qui s’est révélé dans ces circonstances sous le jour le plus exécrable.

Il semble qu’un vase coup de filet policier  dans les milieux islamistes les plus radicaux a été entrepris à présent. Des voix s’élèvent pour protester d’une instrumentation du drame. Mais enfin, si on ne fait pas ça maintenant , quand le fera-t-on ?

Où j’aimerais que Melanchon ait raison, moi qui vis dans un pays en sursis et ne regretterais pas de  voir Wallonie et Bruxelles rattachés à la France, c’est sur le point suivant: les autres pays européens, dit-il, attendent de la France un signal. Mais je n’en crois rien. La mesure du discours courant en France aujourd’hui, ce sont les pirouettes de Bayrou érigées en posture.

Une réflexion au sujet de « Dimanche 1 avril »

  1. Bonjour Monsieur Depelsenaire,
    étrange, moi qui n’écris quasiment pas depuis 6 ans dans ma « lettre ouverte » et chez vous pas d’image, que du texte. Pas d’image (ou pas encore), non, car il y a la vôtre et l’ombre de la lumière. Bonne route.

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