Vendredi 25 octobre

La NRF consacre son numéro d’octobre à un thème qui m’est cher: celui du musée imaginaire. Conçu par Philippe Forest et Stéphane Audeguy, ce volume est lui-même structuré à la manière de son objet: Galerie des Fictions, Département des Essais, Salle des Récits, Auditorium . Par cet aspect, il évoque irrésistiblement le Musée d’Art Moderne (Département des Aigles) , le musée fictif de Marcel Broodthaers , auquel j’ai consacré ma propre contribution à cet ensemble. Bref, c’est un joyeux mélange d’érudition, de rêveries,  d’obsessions et d’épiphanies, dans les pas d’André Malraux certes, mais aussi bien d’Aby Warburg, Walter Benjamin, Borges, ou, avec Jean-Luc Godard, Henry Langlois.

Le Musée d’Art Moderne de Marcel Broodthaers, inauguré en son domicile de la rue de la Pépinière le 27 septembre 1968 « en présence de nombreuses personnalités du monde civil et militaire » (!),  est un musée fictif certes, mais il n’en est pas moins réel, au sens où il constitue par lui-même une oeuvre, une oeuvre dont les conditions de production font part. L’absence à cette date (mais à nouveau aujourd’hui comme on sait) d’un véritable musée d’art moderne est la première de ces conditions.

Conçu initialement comme un canular dans l’atmosphère post soisante-huitarde, le Musée d’Art Moderne et ses diverses Sections ( Section littéraire, folklorique,cinéma, financière, …) devint très rapidement une des oeuvres emblématiques de l’art contemporain,et ce n’est pas sans ironie: le Musée d’Art Moderne (Département des Aigles) sonne littéralement la fin d’une période.  Exit l’art moderne. Place à l’art contemporain.

 

 

 

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