Jeudi 10 octobre

Il n’y a plus qu’une question sur toutes les lèvres cette semaine: c’est quoi, le boson de Higgs?  J’avais le sentiment d’avoir à peu près compris, mais mes explications à ce propos n’ont pas eu l’air de convaincre ma petite fille. Zéro pour moi. Einstein prétendait qu’un esprit clair pouvait exposer en quelques mots la théorie de la relativité à un enfant de 10 ans, si ce n’est de 5. C’est raté.

J’ai été soulagé d’apprendre que François Englert, Notre Prix Nobel de Physique -curieux comme on aime la recherche tout à coup !-  avait éconduit un journaliste, qui le sommait de répondre à une telle question en l’espace de deux minutes! Ce sadique ne lui faisait même pas crédit du quart d’heure de gloire auquel, selon Andy  Warhol, tout un chacun peut désormais prétendre dans les medias. Je désire expliquer le monde, pas le caricaturer, répondit Englert.

Qu’ai-je compris du boson scalaire de Higgs, Brout et Englert? Que c’est la pièce aussi  indispensable qu’insaisissable du système dans la théorie standard de la physique, la particule  par l’intercession de laquelle, à toutes les autres, est conférée une masse. Particules de force (les bosons) et particules de matière (les fermions) constituent deux champs qui interagissent grâce à ce mystérieux boson, dont l’existence n’a été démontrée que l’an dernier au CERN à Genève, 50 ans après qu’Englert et Brout eurent, en toute discrétion, fêté sa découverte théorique dans un bistrot d’Ixelles! Dans Le Soir d’hier, qui rapportait ce souvenir de François Englert, une autre anecdote m’a fait sourire, contée par un de leurs élèves de l’époque, aujourd’hui professeur à l’ULB: après ses cours, tout en conduisant sa 2CV, Robert Brout continuait à faire des démonstrations sur la vitre embuée de sa voiture !

On a fait de ce boson de Higgs, Brout et Englert, sans lequel l’univers ne serait pas ce qu’il est, car il ne serait tout simplement pas, la particule de Dieu ! Il semble que ce soit le fruit d’un malentendu, entretenu par certains. The goddam particle (cette sacrée particule !)  est devenue the God particle,  la main de Dieu dans la nature en somme. Alors tant que j’y suis, j’y vais à mon tour d’un parallèle hasardeux. Le démon de l’analogie me suggérerait aisément en effet un rapprochement entre la fonction de cette fichue particule copulatoire et celle du signifiant phallique dans la théorie lacanienne classique, qui fait du phallus le signifiant sans pair, dont relèvent tous les effets de signification ! (Si je n’ai pas le Nobel après ça, c’est à désespérer)

 

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