Vendredi 6 septembre

Hier à la Monnaie, j’ai découvert C(h)oeurs, le spectacle d’Alain Platel créé l’an dernier à Madrid, où il avait suscité l’effervescence. Indignés et contre-indignés s’étaient affrontés allégrement à son propos. Ce fut plus sage à Bruxelles.

La trouvaille de Platel dans ce spectacle est d’avoir fait du choeur un acteur à part entière de sa dramaturgie. Le choeur, qui dans la tragédie sophocléenne, commentait l’action, y est ici plongé: c’est une foule, tour à tour en liesse ou en colère, qui vient se mêler aux danseurs et devient comme l’élément naturel au sein duquel ceux-ci évoluent, tels des nageurs pris dans un torrent.

Il y a des instants de grâce, où à l’influence sensible de Pina Bauch se conjugue  une gestuelle qui rappelle le buto. Il y a de surprenants contrepoints de  Wagner à Verdi. Un rythme. Celui-ci se brise pourtant avec la reprise, un peu plate, d’un texte de Marguerite Duras, sonnant – un comble pour Duras – le politiquement correct, puis avec la constitution laborieuse de groupes ( les morts d’amour par ci, les pas morts d’amour par là, etc.). Le fauteuil devient inconfortable, la chaleur moite, on se rêve plutôt au bar.  Par bonheur, on revient en 1848, et le mouvement reprend. Même si  la Révolution mange ses enfants, c’était une belle soirée.

 

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