Jeudi 22 août

Quel est le sens de cette fière devise de navigateur, Navigar é preciso, viver nao é preciso ? C’est le rêve d’un voyage sans retour. La nostalgie du pays natal, la terre mère, le sein maternel quoi, balivernes. Ulysse se désespérait de retrouver Ithaque et sa chère Pénélope, pas sûr. Et si en vérité, l’Odysée était l’histoire d’un gars qui n’a pas envie de rentrer chez lui ?

Une variante de la même aspiration, c’est le rêve de l’amnésie. D’un seul coup, plus la moindre attache! Les histoires d’amnésiques m’ont toujours fasciné. L’idée de se réveiller un beau matin et de ne plus connaître son nom propre angoisse certains, pas moi. Au sortir d’un rêve qui secoue, on n’en est d’ailleurs jamais très loin. L’hébétude se mêle alors étrangement au sentiment d’une lucidité inédite.

Parmi mes lectures de cet été, j’ai pris beaucoup de plaisir à celle du Docteur Pasavento d’Enrique Vila-Matas. L’histoire commence près du château de Montaigne, sur le sentier du bout du monde. C’est en ce lieu que le narrateur fantasme la disparition du Docteur Pasavento, le double pour lequel il va abandonner sa propre identité afin de satisfaire sa soif de non-être, comme disait Artaud. Evidemment, il n’est pas toujours à la hauteur de cette aspiration : par moments, il donnerait tout pour que quelqu’un parte à sa recherche!

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