Samedi 10 août

A quel point, pour moi du moins,  la Belgique est un trauma, et pas seulement au sens historique de mon précédent billet, je ne le mesure jamais mieux qu’en m’en éloignant. C’est parfois au point que l’idée du retour me terrorise.

A plus d’une reprise, j’ai envisagé de m’expatrier. Un mélange de hasards et de nécessités, la vie  quoi, en a décidé autrement. Et puis il y a la psychanalyse, qui représente un engagement à long terme avec ceux qui m’ont fait confiance. Je ne peux pas faire l’innocent à ce propos:  avant de me lancer dans la pratique, je suis parti six mois en Amérique latine  avec mon sac à dos, bien conscient que je n’en aurais plus la liberté, une fois fait le pas.

Au Portugal, où je coule en ce moment des jours tranquilles, je respire. Pourquoi diable ne vivrais-je pas ici ? J’y aime l’atmosphère, les gens, la langue, le paysage, la nourriture, la lumière, ah oui la lumière. En quelques jours, j’ai le sentiment d’avoir rajeuni de vingt ans, enfin n’exagérons rien, disons dix! Je me sens purgé de la Belgique, de la grisaille, de la débilité ambiante.

Navigar é preciso , viver nao é preciso…quero para mim o espirito desta frase,
ainsi que l’écrivait Fernando Pessoa, et le chanta Caetano Veloso.

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