Mercredi 26 juin

Pour plus d’une raison, je ne suis pas dans ma meilleure forme. Je le sens bien à ceci, que je rêve de ne rien faire. Juste lire quelques San-Antonio dans un coin ensoleillé. De me les rouler, quoi, comme dirait le susdit.  Naturellement, je pourrais exprimer ça en termes plus chics: évoquer Lao Zi et la discipline du Wou wei, la suprême sagesse du non-agir! Ou alors Paul Lafargue, le gendre de Marx, auteur du Droit à la paresse. Prolétaires de tous les pays, reposez-vous! C’était sa devise. La mienne pourrait être quelque chose du style: je glande ET je je fais ce que j’ai à faire.

Ne rien faire n’est tout de même pas si facile. Marguerite Duras aspirait à BIEN ne rien faire. Tout est là. Ne rien faire n’est pas forcément une jouissance. Il est d’expérience commune qu’à l’occasion, plus on ne fait rien, plus on enrage de ne pas faire ce que l’on aurait à faire. Foutez-moi la paix, soit ! Mais arriverai-je à en faire autant avec la personne de moi-même (comme disait une célèbre patiente mélancolique) , voilà qui reste à prouver.

Enfin, voilà, disons que j’aspire à faire une pause, dans ce blog entre autres. Vu que c’est aujourd’hui mon anniversaire – ce qui ne me fait pas spécialement plaisir d’ailleurs -, je pense que je vais m’en octroyer le droit jusqu’à la rentrée de septembre. Je reprendrai donc cet exercice le vendredi 13 septembre. Ou peut-être avant, mais cette date me plait!

 

7 réflexions au sujet de « Mercredi 26 juin »

  1. Même si c’est extrêmement banal: bon anniversaire!
    Et oui, c’est important de pouvoir bien ne rien faire!
    C’est tout un art…

  2. Bon anniversaire Yves et bon voyages dans l’air du temps, espérant bien que tu y trouves une aire de repos pour ta personne. Les vacances font le plus grand bien !

  3. Bonsoir Yves ! ça alors, et tu ne nous as rien dit ! Organises-tu une petite fête ? Bon anniversaire ! Que le temps de la création épouse le rien de la vie.

  4. Il est bon de se démoraliser un peu, notre condition n’est-elle pas tragique au bout du compte , et les gens trop « en forme » insupportables ?
    Mais il arrive sans trop qu’on sache comment ni pourquoi, certains matins, de se réveiller avec du « goût » pour sa journée. On aura envie de changer les draps, de faire sécher le linge au soleil, de mettre des fleurs fraîches sur la table. On se sentira joyeux sans raison. On fredonnera peut-être, parce que ça passe à la radio, la chanson de Manu Chao
    « me gusta la mañana, me gustas tu,
    me gusta la lluvia, me gustas tu,
    me gusta la noche, …. soñar, …. el viento,
    me gustas tu…
    que voy a hacer je ne sais plus,
    que voy a hacer je suis perdu… ».
    Belles flâneries, rêveries en ombres et lumières pour tout cet été, et bonjour à Marguerite Duras et à son col roulé.
    Catherine

  5. Moi, rien, je fais ça très bien et même de mieux en mieux, pas encore au point de me dire que c’était bien ça que j’avais à faire, mais pas très loin. Il ne me reste je crois que la question de la postérité (dont Lacan, ce grand, se foutait bien lui), comment tranquillement ne rien laisser.
    ;-)
    (13 septembre, sacrée date en ce qui me concerne…..)

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