Vendredi 9 mars

Outre celle de Marcel Berlanger au Botanique (ouverte jusqu’au 22 avril), se tient à Bruxelles une autre exposition à ne pas manquer: Rosemarie Trockel au Wiels. Pour le numéro de Quarto en préparation ( L’art est une chose rare, cf. le premier billet de mon avant blog), j’ai interviewé, en compagnie de Bruno de Halleux, le commissaire de cette superbe rétrospective, Dirk Snauwaert, qui est le directeur du Wiels depuis son ouverture il y a 4 ans. Catastrophe : l’enregistrement de cette conversation n’a pas fonctionné! Ca nous vaut le plaisir d’un nouveau rendez-vous avec Dirk la semaine prochaine.

Dirk Snauwaert, c’est l’anti- Michel Draguet. Quand l’un ferme sans vergogne les portes du Musée d’Art Moderne, l’autre s’applique avec bonheur à restituer au public bruxellois un aperçu de tout ce dont il a été privé pendant deux générations,  faute d’un lieu d’accueil pour l’art contemporain. L’exposition Rosemarie Trockel, une artiste allemande majeure, s’inscrit dans cette perspective.

Hier jeudi, j’étais convié à Paris par Marie-Hélène Roch, à un séminaire qu’elle anime sur le thème « Freud, Lacan et les femmes ». Tout un programme! Marie-Hélène m’avait demandé de parler (encore) de Kierkegaard et Régine et de leurs  fiançailles rompues et pourtant éternelles. Une autre intervention de mon amie Dalila Kaplan était prévue à propos d’une femme d’exception: Marilyn Monroe. Ah! Marilyn dans The Misfits ! Régine et Marilyn, comme diraient les Beatles, sont deux noms qui vont très bien ensemble…N’empêche qu’il n’y a vraiment qu’à  l’Ecole de la Cause Freudienne qu’on peut imaginer une soirée consacrée à l’étude de deux figures aussi dissemblables!

Le destin de Marilyn est triste, mais Dalila nous a quand même raconté plusieurs histoires savoureuses, en particulier celle de sa lune de miel en Corée avec… 17OOO G.I.  devant qui elle chante lors de…son voyage de noces avec Joe Di Maggio, son second mari !

Marie-Hélène avait introduit mon propos en évoquant In vino veritas, le pastiche kierkegaardien du Banquet de Platon, et elle avait épinglé une phrase sur laquelle je pensais précisément boucler mon exposé: Chez l’homme l’essentiel est l’essentiel; chez la femme l’accidentel est l’essentiel. Formidable anticipation de la théorie lacanienne du non-rapport sexuel. S’il y a, poursuit Kierkegaard, un type universel de l’homme, la femme est toujours foncièrement Autre, insaisissable, jamais identique à son concept. Entre deux êtres aussi disparates, il ne peut donc y avoir de rapport, conclut-il, sinon sur le mode de la plaisanterie!

3 réflexions au sujet de « Vendredi 9 mars »

  1. C’est vrai ! Lorsque dans mes petits souliers, j’ai téléphoné à Dirk pour lui dire que j’avai fait une fausse manoeuvre et que l’enregistrment n’avait pas eu lieu, il a éclaté de rire avec ces mots : c’est très freudien !
    Ce fut un plaisrt de le revoir, plaisir partagé, je pense.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>