Mardi 23 avril

Le nouveau livre de Jean-Luc Outers, De jour comme de nuit  ( éd. Actes Sud ), m’a rappelé de vieux souvenirs. Une bonne part du roman s’inspire en effet d’une aventure à laquelle nous avons participé l’un et l’autre: celle de la création en 1973 d’un centre psychothérapeutique et pédagogique dans la région de La Louvière. Ouvert dans une joyeuse anarchie, avec une équipe d’éducateurs et d’enseignants aussi enthousiastes qu’inexpérimentés, il hébergeait une vingtaine d’adolescents dits caractériels, dont Jean-Luc évoque quelques figures peu banales. Mais sa verve , à mi-chemin entre celle, caustique, de David Lodge, et celle, dévastatrice, de Michel Houellebecq,  s’exerce surtout dans la peinture des jeunes adultes passablement allumés réunis par la mise en oeuvre de ce projet post-soisante huitard, peu imaginable de nos jours, sympathique  melting pot d’antipsychiâtrie naïve, de pédagogie alternative style Summerhill, et de bavardage gauchiste.

Jean-Luc est lié à un de mes meilleurs souvenirs de cette expérience. Ensemble, nous animions un atelier d’imprimerie. Lui préférait la machine off-set; moi, la typographie. Depuis mes quinze ans -âge où j’avais travaillé trois semaines chez  Dupuis à Marcinelle, d’où sortait le journal de Spirou – j’aimais l’odeur de l’encre d’imprimerie, et surtout le matériel typographique, dont l’usage se raréfiait au profit des linotypes. Existe-t-il encore aujourd’hui de vrais ateliers de typographie?  Où diable? , voilà ce que j’aimerais savoir. En France, voici une quinzaine d’années, le plus prestigieux d’entre eux, celui de l’Imprimerie Nationale a fermé ses portes. Au Japon, il eût été classé Trésor National. Ce merveilleux savoir-faire est-il à jamais perdu? Le traitement informatique l’a-t-il balayé de notre monde? Je le crains.

 

 

3 réflexions au sujet de « Mardi 23 avril »

  1. Le Typographe, rue Américaine, 67 à Ixelles info@typographe.be
    C‘est un atelier typographique où l’on privilégie la technique d’impression avec des caractères mobiles en plomb et en bois.
    Cette approche de l’imprimerie utilise le principe de relief. Tous les produits sont imprimés sur des presses typo Heidelberg et assemblés à la main, de manière artisanale.

  2. Atelier Typo de la Cité à Lausanne.
    Nicolas Regamey a su convaincre M. Eraldo Coltamai de l’Atelier de la Typographie du Coq à Lausanne et M. Jean-Renaud Dagon du Cadratin à Vevey de lui transmettre ce savoir-faire ancestral, difficilement accessible aujourd’hui. En effet, ce sont les anciens du métier qui lui ont transmis la technique de composition et d’impression au plomb, essentielle au métier de compositeur-conducteur typographe.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>