Samedi 25 février

On n’est pas joyeux impunément. Dès le premier article mis en ligne sur ce blog conçu dans l’allégresse, me vient une réponse de l’Autre qui me le rappelle assez durement. Le mercredi 16 février, j’avais en effet invité - appel que je réitère- à se rendre sur le site www.lacanquotidien.fr afin d’y prendre connaissance de la pétition internationale mise en ligne à propos des vélléités d’entraves législatives envers le traitement psychanalytique de l’autisme. Celle-ci a à ce jour recueilli plus de 6000 signatures.  

Là-dessus, me parvient quelques jours plus tard le commentaire hostile et courageusement anonyme d’une personne, qui doit avoir ses motifs obscurs, et qui m’a désagréablement surpris.

Il m’est loisible de mettre en ligne ou pas les commentaires que l’on m’adresse, et il n’y a aucune raison pour que je relaie semblable missive. Je n’entends pas faire de ce blog un forum  défouloir comme il en existe assez. Ce sera donc l’unique commentaire de ce style que je publierai. Et cela pour une raison simple: en une phrase, il donne la mesure de ce que révèle cette polémique sur l’autisme.  « Si c’est trop lourd pour eux, qu’ils fassent un autre métier » écrit cette personne à l’adresse des psychanalystes.

Formidable énoncé! Sur le même mode, on pourrait poursuivre: si c’est trop lourd pour les pompiers -quoi , ils veulent des primes de risque!-, qu’ils fassent un autre métier! Si c’est trop lourd pour les mineurs -ils ne veulent pas crever de la silicose!- mais qu’ils fassent un autre métier! Etc…  

En vérité, on ne peut mieux indiquer ce qui est en cause: scandaleuse est la position qui tient qu’il est de l’impossible à supporter, et que c’est là ce qui définit au plus juste le réel de la clinique. Ah qu’il serait beau un monde sans impossible, où à tout problème existerait sa solution. Jean-Claude Milner a bien montré à propos d’une certaine question, dite question juive, les conséquences logiques d’un tel binaire

Cette polémique sur le traitement de l’autisme ne tient pas dans son fondement à des orientations thérapeutiques contradictoires. Elle oppose ceux pour qui il doit y avoir solution à tout, et donc pour qui il faut nécessairement avoir raison de tout symptôme, et ceux pour qui, -et parmi eux, Dieu merci,  on ne compte pas que des psychanalystes, mais aussi des soignants de bon sens de bien d’autres orientations-, il y a de l’impossible, et pour qui , loin d’être une raison de faire un autre métier, c’est au contraire une raison, une noble raison, que de lui ménager un accueil.

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Samedi 25 février »

  1. As-tu lu Rosa Candida , de Audur Ava Olafsdottir ? Si cela n’est pas le cas, je te l’enverrai.
    Je n’avais jamais inclus dans ma journée la lecture d’un « quotidien ». Le L.Q. a pris cette place pour moi, et ton blog vient comme le « magazine du week-end », gai, érudit, glaneur des choses humaines. J’ai du goût à te lire. Renée

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