Dimanche 10 mars

Je fais des émules! Voilà que Jacques-Alain Miller, s’est lancé dans un blog sur le site de La Règle du Jeu. Il s’y en donne à coeur joie contre Alain Badiou -alias Alun Goodme ! – qui a esquivé le duel auquel il l’engageait. Enfin, esquivé ? nous le verrons bien. Je doute que ne viennent pas  quelques coups en retour. Badiou, c’est un poids lourd, genre Foreman ou Frazier, attention ! Il n’y avait que  Cassius Clay, alias Mohamed Ali, pour danser autour d’eux jusqu’à leur donner le tournis et les faire venir s’écraser eux-mêmes  sur son poing.

Jam, qui a créé l’Association Mondiale de psychanalyse inspiré par Mohammed Ali, a pendant longtemps encaissé sans broncher des tombereaux d’insultes. Il a décidé de ne plus les laisser passer et de rendre désormais coup pour coup. Son blog s’ouvre sur la figure de Scaramouche. Scaramouche a du panache. Jam aussi.

Dans mon adolescence, j’ai adoré Les trois mousquetaires.  D’Artagnan provoque Athos, Aramis et Porthos en duel. Ils vont devenir les meilleurs amis du monde. c’est le contraire de l’histoire entre Jam et Badiou.

Pour un duel, il faut quelques règles. Choix des armes, choix du terrain, choix des témoins. Les duels inégaux sont dégueulasses. Parfois ils tournent pourtant dans un sens inattendu. comme dans Barry Lindon ou dans L’homme qui tua Liberty Valence. Il est vrai que ce dernier était un peu truqué: l’homme qui tua Liberty Valence n’est pas celui qu’on croit.

Jam s’était fait récemment le chroniqueur d’un duel féroce: celui qui opposait Fillon et Copé pour la présidence de l’UMP.  De cet affrontement, il semble bien que n’émerge finalement qu’un seul vainqueur: Sarkozy.

Précisément, Badiou accuse Miller  d’avoir fait de l’Ecole de la Cause Freudienne une officine sarkozyste ! Désolé, Mister Badiou, mais il ne saurait en être question sans quelques soulèvements. Jam aime bien Carla, soit, c’est son affaire.  il aime les femmes, ce n’est pas moi qui y objecterai. Quant à Sarkozy, la question de savoir de quoi il est le nom se pose, d’accord.

Badiou a cherché Jam sur le terrain de la politique. Vieille querelle. comme si le devenir du monde s’était décidé entre 68 et 71, dans le devenir de la Gauche Prolétarienne, le groupuscule de 200 jeunes gens égarés!  Et Badiou de lancer à l endroit  de son ancien camarade une sorte d’anathème. C’est un récidiviste, Badiou. Avec Jean-Claude Milner, il a débattu courtoisement de l’Universel au cours de trois rencontres qui ont été retranscrites dans un récent volume ( Controverse). Puis chacun a été invité à rédiger un texte conclusif. Celui de Badiou était d’une violence peu commune. Jam a donc ciblé sa réplique sur le terrain que le procédé dévoilait: celui d’un certain rapport au champ du langage. Dans le néo-platonicien Badiou, il débusque un néo-carnapien. J’ai pu vérifier dans Meaning and Necessity que bien entendu l’insulte n’est l’objet d’aucune attention particulière. C’est terrible, cette sémantique qui forclôt toute énonciation.

Reste la question, la seule qui importe, de l’usage singulier fait par Badiou de Lacan. Je doute que celui-ci s’enchanterait  beaucoup de son « hypothèse communiste ».

Bon. assez causé de Badiou. Le blog de Jam aura à coup sûr d’autres horizons. Il prend d’emblée le ton de l’association libre, au risque de choquer. Tout ne m’y plait pas non plus. Mais dans la constipation ambiante, j’y applaudis.

 

 

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