Lundi 4 février

Son plus grand regret, disait Yves Saint Laurent, était de n’avoir pas inventé le jean ! Je trouve ce propos magnifique. Comme le  ça me suffit tout-à-fait adressé par Beckett à Roger Blin, qui se désolait de ne pouvoir lui promettre plus de dix spectateurs aux représentations d’En attendant Godot. Ou comme cette réponse simple  de Robuchon, à qui l’on demandait quel était le meilleur repas qu’il avait fait récemment : une orgie de figues fraîches !

YSL n’a pas inventé le jean, mais il a fait entrer la mode dans l’ère du jean. La haute couture était un monde à part, un théâtre de riches initiés, une langue de classe. Un art sans doute, mais un art un peu funèbre, de grande pompe et de cérémonie. Vint YSL, pas un de ces stylistes qui n’ont pour boussole que leurs fantasmes, mais une sorte de devin des rêves féminins. Il n’était pas pour rien l’ami d’Andy Warhol, inventeur du multiple à la même époque: il est le premier grand couturier à avoir mis son talent au service du prêt à porter. Et du coup, c’est toute une époque, dont il épousa pleinement l’atmosphère, qui porte sa griffe, comme le retrace fort bien une belle exposition qui lui est consacrée en ce moment à Bruxelles à l’Espace ING.

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