Dimanche 9 décembre

La barbe, la crosse, les bottes, la hotte, l’âne,…tous ces attributs de Saint Nicolas ont fait l’objet d’une étude très fouillée de Karin Ueltshi ( L’histoire véridique du Père Noël, Imago, Paris, 2012). Si Saint Nicolas partage la plupart de ces traits avec le Père Noël, c’est qu’à beaucoup d’égards, ils ne font qu’un. Que le Père Noël soit d’ailleurs appelé Santa Claus aux Pays-Bas en atteste fort bien.

Le Père Noël cependant tend à supplanter Saint Nicolas. L’Eglise s’est à l’occasion émue de cette extension de l’importance du personnage du Père Noël, redoutant qu’elle ne détourne du sens proprement chrétien des Fêtes de la Nativité. C’est ainsi que, dans un article sensationnel publié en 1951 dans la revue Les Temps modernes et intitulé Le Père Noël supplicié, article regrettablement négligé par  Karin Ueltschi,  Claude Lévi-Strauss analyse l’holocauste du Père Noël sur le Parvis de la Cathédrale de Dijon le 24 décembre 1951. Une vive polémique s’en suivit dans la France entière au cours de laquelle on vit bizarrement  se porter au secours du Père Noël les esprits les plus  anticléricaux ! Mais le paradoxe ironique majeur de cet épisode, comme Lévi Strauss ne manque pas de le relever, est celui-ci. L’Eglise n’a sans doute pas tort quand elle reconnait dans le culte du Père Noël la survivance du paganisme. En effet, sous le costume qu’il emprunte à Saint Nicolas, celui-ci est à beaucoup d’égards l’héritier du Roi des Saturnales antiques. Mais par l’autodafé de Dijon, l’Eglise renouait précisément à son insu avec un rituel propre à ces Saturnales, soit la mise à mort du Roi au terme de celles-ci !

 

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