Vendredi 26 octobre

La soi-disant « rentrée littéraire » m’a laissé complétement indifférent. Il faut bien dire qu’après la lecture de L’homme sans qualités, peu de livres font le poids. Par bonheur, vient de paraître  chez Stock un roman délicieux: L’enfant grec, de Vassilis Alexakis, un auteur que j’apprécie beaucoup, dont j’avais adoré le livre précédent Le dernier mot, et plus encore Les mots étrangers.

Comme ces deux titres l’indiquent, les mots sont des personnages à part entière dans les romans d’Alexakis. On songe là immanquablement à ce que je tiens pour le plus grand livre de Sartre: Les mots. Dans L’enfant grec - titre d’un poème célèbre de Victor Hugo à propos du massacre de Scio – le narrateur, convalescent à la suite d’une opération de la jambe, part pourtant à l’aventure en compagnie de figures romanesques improbables rencontrées au cours de ses promenades quotidiennes dans le Jardin du Luxembourg. Robinson Crusoé, le Comte de Monte-Cristo, Long John Silver, Tarzan, Cosette et Jean Valjean, D’Artagnan et Milady, Alice, Don Quichotte, Ulysse, Michel Strogoff, Cyrano, Oliver Twist, Robin des Bois…,autant de personnages qui avaient enchanté son enfance,  viennent ainsi se joindre à Guignol et Gnafron et aux habitués du lieu : les deux soeurs qui dirigent le théâtre de marionnettes, un ancien bibliothécaire du Sénat, un italien sans domicile fixe, un critique littéraire à la retraite, la gardienne des toilettes. Désinvolte, c’est la littérature universelle qui déambule ainsi dans le Jardin du Luxembourg parmi les bassins, les statues et les feuilles mortes.

Ce serait un conte un peu féérique, à la façon du merveilleux Midnight in Paris de Woody Allen, si le livre ne  s’appelait  L’enfant grec, façon de faire résonner les cris des manifestants athéniens étranglés par les mesures d’austérité. Qu’est donc mon pays devenu, où s’ inventa le mot démocratie, pour être aujourd’hui évoqué comme une terre maléfique? s’interroge Alexakis.

 

 

Une réflexion au sujet de « Vendredi 26 octobre »

  1. encore un billet qui donne à penser, vagabonder d’un livre à un souvenir à un objet à une émotion à un film… tiens il faudra que je me rappelle le nom de l’écrivain grec… c’est quoi le titre déjà ? Ah oui « le dernier mot »… de quoi ça parle…tiens en fait je découvre dans la barre de recherche que c’est le « premier » mot… c’est drôle, il faudra que je lui dise, .. bah, il s’en sera aperçu de lui-même

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