Dimanche 16 septembre

Sous l'impulsion dynamique d'Agnès Aflalo, les 42 èmes journées de l'Ecole de la Cause Freudienne se tiendront les 7 et 8 octobre prochains à Paris sur le thème "Autisme et psychanalyse". 

L'extension absurde du diagnostic d'autisme détourne du tableau clinique de l'autisme dans ses manifestations les plus terrifiantes. Cette extension du spectre de l'autisme n'a qu'un moteur, puissant et sordide, c'est le marché juteux qu'il représente pour l'industrie pharmaceutique. Et cela passe par la disqualification, la mise au ban, et pourquoi pas ? l'interdiction des pratiques psychanalytiques.  Il s'agira donc dans ces Journées  de saisir les enjeux politiques de cette polémique autour de l'autisme. 

Si l'on veut à toutes forces élargir la notion d'autisme, alors il fait dire qu'il  n'y a à la vérité qu'un autisme qui est l'autisme de la jouissance. C'est à bien des égards le nerf de l'enseignement ultime de Lacan. 

La préparation de ces journées bat son plein. Un blog  en rend compte quotidiennement : http://www.42journees-ecf.org , ainsi qu'un bulletin électronique intitulé Le Point du jour : http://www.causefreudienne.net/index.php/agenda/evenements/lepoint-du-jour-1 . J'y ai apporté ma modeste pierre ce samedi avec le texte suivant, que m'a inspiré ce cher Woody Allen.

Chanter sous la douche

Un film raté: c'est ce que beaucoup disent du dernier Woody Allen, To Rome with love.

Woody Allen est une espèce de génie compulsif et insurpassable du ratage. Comme mari, comme amant, comme fils, comme père,…il est définitivement out of focus. Même sur ses photographies, il apparait ainsi dans Deconstructing Harry ! A ce point, chapeau l'artiste, c'est du grand art.

Il a naturellement raté sa psychanalyse. Il se donne même le luxe de rater allègrement des films. En somme c'est un malfaiteur, à ceci près que, comme malfaiteur aussi, il rate tout ce à quoi il touche (cf. Some time crooks , en version française: Escrocs mais pas trop ). Raté, forcément raté alors, le dernier Woody Allen! D'ailleurs les Italiens sont furieux. Pensez donc: il a même ridiculisé le bel canto !

Woody arrive à Rome, non sans angoisse dans l'avion. Avec un tel passager, celui-ci devrait normalement s'écrabouiller à l'aéroport. Il vient rendre visite à sa fille qui s'est amourachée d'un jeune romain, et il n'augure que des pires catastrophes s'agissant de cette idylle. Accueilli chez les parents du jeune homme, il entend le père chanter sous la douche d'une belle voix de ténor. Comme il s'ennuie un peu, une idée germe rapidement dans son esprit. Pourquoi ne produirait-il pas un opéra avec son hôte pour vedette ? Aussitôt dit, aussitôt fait, il réunit un orchestre pour des essais qui tournent hélas lamentablement au ratage. Hors de sa douche, le bonhomme est incapable de chanter!

Ce n'est évidemment pas ce détail qui va arrêter Woody. Whatever works! (Pourvu que ça marche): à l'envers du ratage généralisé, Allen a fait sienne cette devise, qu'il a d'ailleurs choisie pour titre d'un de ses films les plus épatants. Qu'à cela ne tienne donc, on installera une douche au beau milieu de la scène! On ne touchera pas à la jouissance solitaire, carrément autistique même du brave homme, et ,sur la scène, il se produira heureux comme dans sa salle de bain. 

Le sujet est heureux. Tout heur lui est bon dans ce qui le maintient dans ce qui le répète, écrit Lacan. C'est la formule du bonheur autistique le plus commun.

 

 

 

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Dimanche 16 septembre »

  1.  
    J'attrape au vol Woody Allen et ses ratages pour me souvenir d'un de mes films préférés de W. A., « Intérieurs », sans doute le plus tragique et bergmannien de ses films.
    Joey, l'enfant chérie du père, dont il dit : « enfant elle était extraordinaire ». et puis voilà, elle n'a pas tenu ses promesses, elle n'a rien fait de son talent, comme tant d'enfants prometteurs. Regrets du père d'avoir à renoncer à ses ambitions pour sa fille, douleur et malaise de l'enfant de ne pas correspondre au désir du parent. Mais c'est bizarrement l'enfant qui a raté, (qui fait penser, au passage, à la figure du « raté » balkannique, chez Cioran), qui se révélera la plus sensible et féconde là où on ne l'attend pas.
    Connaissez-vous ce film passionnant et fort de bout en bout (pas du tout raté) ? De toutes façons, regardez-le ou revoyez-le, il existe en DVD.

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