Dimanche 4 décembre

En Iran, le beau slogan « Femme, vie, liberté » n’a certes pas encore triomphé. Mais il a déjà réussi à faire reculer le pouvoir islamiste sur la police des moeurs. Manoeuvre tactique peut-être, nous le verrons vite. Il n’empêche, il y a là un signe.

Le geste des femmes -et aussi à présent des hommes- se coupant une mèche de cheveux ou feignant de le faire, est magnifique .

Autre geste admirable, en Chine, où l’on parle à présent de la « Révolution des feuilles blanches ».  Tout y a été fait pour effacer de la mémoire collective le mouvement étudiant de 1989, qui aboutit au massacre de Tiananmen. Les feuilles blanches que les manifestants brandissent, ô combien courageusement,  33 ans plus tard, ne visent pas seulement la censure à l’oeuvre aujourd’hui, elles dénoncent celle sur laquelle s’est bâti un régime tyrannique, un régime qui a fait de l’Empire du milieu l’empire du silence.

Un nouveau chapitre de l’art d’écrire sous la persécution – titre d’un ouvrage célèbre de Léo Strauss- se découvre donc à travers ces feuilles blanches.

Interrogé ce soir sur France 5, Lun  Zhang, un des anciens leaders de 89, réfugié en France, soulignait par ailleurs ceci, qui différencie la situation présente de celle de 89: la révolte en cours est la première insurrection contre une dictature numérique. La surveillance terrifiante  qui pèse en permanence sur la population chinoise -une caméra pour trois habitants et une reconnaissance faciale obtenue en 7 secondes !- est inimaginable sans les outils de la digitalisation. En ce sens, cette révolution des feuilles blanches fait signe d’une menace généralisée, qu’encourt la démocratie partout dans le monde.

 

 

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