Dimanche 18 septembre

Le cinéma est une invention sans avenir. C’est ce que pensait…Louis Lumière ! Jean-Luc Godard a souvent repris ce propos. Quel avenir pour le cinéma?  N’est-il pas mort depuis longtemps? Ou alors qu’en reste-t-il ? Quelques ilots, disait-il volontiers de sa voix crépusculaire.

Godard vivait au pays du cinéma. Il en envoyait des lettres, qui, inlassablement, répétaient le même constat tragique: le cinéma vit ses derniers instants. Il s’enfonce lentemendans le noir du temps -court film video de 2009, qui résonne aujourd’hui comme un adieu-, de même que la jeunesse, le courage, la pensée,  la mémoire, l’amour, le silence, l’histoire, la peur, l’Eternel.  » ‘Soir dit-il, ‘Soir dit-elle, ‘Soir disent-ils ».

Mais cette mélancolie de Godard n’a cessé de se conjuguer à son envers, à l’insolence de la jeunesse, au goût du combat, à la soif d’absolu. Sans concession, sans compromis.  Le livre d’image, son dernier film, d’une beauté plastique coupant le souffle, démontre combien sa foi dans le cinéma était totale.

Avec ses Histoire(s) du cinéma,il en donne toute la mesure. L’histoire du cinéma n’est pour lui pas autre chose que l’histoire de notre temps. Retracer l’histoire de cette invention sans avenir revient à user d’un sismographe qui en enregistre  les secousses, les mythes, les illusions, les drames,  les impasses.

Des films de Godard restent à découvrir. Son King Lear ne fut jamais distribué en salle. Et Les enfants jouent à la Russie est retenu par un producteur américain pour d’obscurs motifs. Mais en vérité, c’est toute son oeuvre qui est encore à voir, car plus que jamais, elle est l’avenir du cinéma.

 

 

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