Samedi 29 mai

 

Il m’est arrivé il y a quelques années de chroniquer le Concours Reine Elisabeth. Enfin, chroniquer est un grand mot pour un profane comme moi en matière musicale. Je n’en ai rien fait cette année, bien que je l’ai un peu suivi.  Ce soir, dans une salle déserte, se tiendra la dernière soirée, suivie de la proclamation des résultats. Pour l’occasion, j’apprends que ce sera aussi, sur la 3, la centième et  dernière de « Je Sais pas Vous » , la délicieuse et spirituelle série de Patrick Leterme et Etienne Duval croquant en 3 ou 4 minutes des épisodes marquants de l’histoire de la musique.

En finale, se retrouvent trois pianistes russes -soit un concurrent sur deux,  comme au beau temps de la guerre froide. Mais à présent, ils jouent du Rachmaninov, qui, sous Staline, était « passé à l’Ouest ». A l’époque, la musique et le jeu d’échecs étaient des terrains électifs de la lutte pour l’hégémonie idéologique. Selon Gramsci, c’est sur ce plan que se conquiert d’abord le pouvoir. Il semble aujourd’hui qu’il ait été mieux lu à droite qu’à gauche.

Cette bataille  pour l’hégémonie idéologique est très sensible dans le domaine du récit historique. Voir cette année, les commémorations de la mort de Napoléon et de la Commune de Paris. Autre anniversaire sanglant: celui du génocide des Tutsis au Rwanda. En des termes très soigneusement mesurés, Macron a reconnu les responsabilités de l’Etat français. Pendant ce temps, la France continue à jouer un jeu dangereux au Tchad. Rien de nouveau sous le soleil.

 

 

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