Jeudi 4 février

 

Encore un mot s’agissant des violences policières à travers une évocation forte et juste du meurtre de la petite Mawda, la fillette kurde tuée par le tir d’un policier vers une camionnette de migrants le 17 mai 2018.  Je découvre en effet ce soir, sur Rtbf Auvio, la capture vidéo de Violences, le spectacle de Léa Drouet qui devait être créé au KunstfestivaldesArts dont la programmation est hélas à présent fort incertaine. Dans un dispositif scénique à la fois sobre et puissant, qui n’est pas sans rappeler celui du Dogville de Lars Von Trier, Léa Drouet retrace le fil de cette histoire épouvantable avec en contrepoint celle de Mado, sa grand’mère, enfant juive cachée deux ans par des paysans dans la France occupée.

Violence légitime, ce meurtre, pour lequel un procès bâclé eût lieu en décembre, dont le verdict  est attendu le 14 de ce mois? D’abord dissimulé, maquillé en accident, il fût aussi sans honte présenté comme un acte de…légitime défense! Rappelons-le, si l’attention d’un journaliste anglais, prévenu par l’un des migrants à bord de cette camionnette, n’avait été attirée sur cette affaire, nul n’en saurait rien aujourd’hui. Le corps de Mawda reposerait dans la fosse commune, où dès le lendemain il était décidé de l’y emmener, sans autre devoir d’enquête. Quant aux malheureux parents, après un gracieux séjour  à l’abri des regards dans un centre fermé, sans doute auraient- ils été sans tarder ramenés en Irak, où il fait si bon vivre, par les bons soins de Théo Francken.

Les violences policières commises la semaine dernière à l’endroit des jeunes qui manifestaient à Bruxelles n’ont pas fait de morts, elles n’en sont pourtant  pas sans écho avec cette histoire tragique . En effet, de même que le bourgmestre de Bruxelles stigmatisait l’irresponsabilité des parents qui avaient laissé leurs enfants participer à ce rassemblement, on se souviendra avec Léa Drouet des propos semblables de Bart De Wever à l’endroit des parents de Mawda. Que ne l’avaient-ils laissée  sous la protection des talibans plutôt que de l’entraîner dans ce périple incertain ! De bavures policières décidément, il ne saurait  jamais être question au royaume de Belgique. De responsabilités politiques moins encore.

 

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