Mardi 25 août

 

Voici six mois que cette épidémie a débarqué en Europe, à propos de laquelle on a entendu tout et le contraire de tout. Et c’est loin d’être terminé. Cependant le fameux « monde d’après » se dessine. En vérité, les plans en sont dressés depuis pas mal de temps, ce sont ceux de la quatrième révolution industrielle, stade suprême du capitalisme, et le Covid 19 représente une opportunité presqu’inespérée pour l’accélération de sa mise en oeuvre. Telle est la conviction résolue de l’économiste allemand Klaus Schwab, le fondateur  et président exécutif de la grand messe du forum de Davos, là où se retrouvent les décideurs les plus influents. Le thème du prochain forum, convoqué pour janvier 2021 sera Covid 19: the great reset . Traduction : la réinitialisation ou mieux: la remise à zéro.     Automatisation, informatisation et robotisation générales: voilà la recette du reset. Rien d’autre que ce que Michel Houellebecq pointait comme l’obsolescence des rapports humains.


Nous y sommes déjà. Gestes barrière, distanciation sociale: ces affreuses expressions disent fort bien ce qu’elle disent : barrière aux gestes, adieu à la socialité, ce sont les corps qu’il s’agit de mettre au pas. Place aux muselières. Un curieux néologisme est né – présentiel- tel un nouveau concept prenant le pas sur le phénomène désormais suspect de la présence réelle. Pourquoi cette surenchère dans les mesures de protection, sinon pour faire oublier l’incurie générale des autorités sanitaires au début de l’épidémie et l’incohérence des mesures prises successivement à la levée du confinement ?

Oh! ne désespérons pas: on nous promet le salut par le vaccin. Rien n’est moins sûr cependant, même à supposer qu’il soit disponible dans un délai rapide. Evidemment, une course effrénée est lancée, bien moins  à la protection des populations qu’au jackpot que représenterait sa production pour les laboratoires. Il est tout de même permis de se demander si les sommes colossales investies dans sa recherche  ne seraient pas plus judicieusement employées au refinancement des hôpitaux publics et leur rééquipement en personnel et en matériel, ainsi qu’à la mise au point de traitements efficaces. On sait que pour le Sida, les milliards de dollars engloutis  dans sa recherche n’ont jamais débouché sur un vaccin, mais que finalement un traitement efficace a fini par voir le jour. Si la priorité avait été  la mise au point de celui-ci, combien de vies n’auraient-elles pas été sauvées ? Reste que le vaccin représenterait un fameux salut pour Donald Trump en vue de la présidentielle de novembre. Poutine aussi y compte pour doper sa popularité en baisse. Il aurait même dès à présent fait vacciner ses enfants. On leur souhaite un sort meilleur qu’à Alexei Navalny.

S’agissant du traitement du Covid 19, la polémique virulente autour de l’hydroxychloroquine est très révélatrice. D’un côté, un médecin marseillais, Didier Raoult,  jusqu’ici fort respecté,  fait fi des injonctions d’essais randomisés, et recommande l’usage d’un médicament bien connu pour son efficacité contre la malaria.  De l’autre, une cohorte d’experts, presque tous liés à l’industrie pharmaceutique. Ce médicament, peu coûteux, qui existe depuis très longtemps, et prescrit à des millions de personnes dans le monde, est soudain considéré par ces derniers comme dangereusement toxique, et son usage interdit en France.  Pourtant les résultats obtenus avec l’hydrochloroquine pour le Covid sont très favorables, à condition que le traitement soit appliqué dès le début de la maladie. Mais rien n’y fait, l’obsession des méthodologies évaluatives ne saurait être remise en cause.  Point d’orgue d’une campagne de désinformation impressionnante : la prestigieuse revue Lancet publie un article dézinguant Raoult sur la base de données complétement manipulées. Aucun profit à tirer pour les grandes firmes pharmaceutiques naturellement, à  l’usage d’un médicament ancien, passé dans le domaine public.

Comme on sait, toute cette période a commencé en Chine. L’alerte y avait été lancée par un jeune médecin chinois, qu’on tenta vainement de faire taire, emporté lui-même par la maladie ensuite. Wuhan, ville de plus de dix millions d’habitants, fut aussitôt confinée, et donc interdite d’accès à tout curieux.  Un marché fut rapidement repéré comme le lieu d’origine de la contamination à partir du pangolin. Le coupable était identifié. Le laboratoire militaire de recherches bactériologiques de Wuhan était donc hors de cause. Selon la généticienne Alexandra Henrion Caude, le séquençage du génome du Covid 19 fait cependant hautement douter de son origine naturelle. Enfin, le pangolin, qui risquait l’extinction, a été interdit de consommation. Heureuse nouvelle! Finalement, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme dirait le Candide de Voltaire. Il oubliait  simplement un mot important dans cette formule dûe à Leibniz, que Voltaire voulait moquer: le meilleur des mondes…possibles.

Dans ce meilleur des mondes possibles, le pangolin, dont raffolent tant les Chinois, était surtout traqué -illégalement-  en Côte d’Ivoire ou au Cameroun, d’où il était importé en Chine. Par quel chemin douteux ce sympathique animal finissait-il par se retrouver sur les marchés chinois? Peut-être transitait-il par Anvers, ou par un des ports « franchisés » dans le tiers monde que le port d’Anvers a rachetés, au Brésil notamment, comme une enquête édifiante de la revue Medor nous l’apprend, à partir de laquelle on comprend mieux comment Anvers est devenu la porte d’entrée numéro un de la cocaïne en Europe. Là-dessus, voyez aussi Over water, formidable série flamande disponible sur Netflix.

 

 

 

 

 

 

 

 

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