Mardi 11 août

J’aurais dû préciser dans mon dernier billet que mon commentaire du Conte d’été d’Eric Rohmer était la réécriture d’une présentation faite il y a quelques années dans le cadre du Séminaire Psychanalyse et Cinéma qu’animent de jeunes collègues de l’ACF-Belgique ( Claire Piette, Maud Ferauge, Isabelle Finkel, Phenicia Leroy, Nicolas Moyson), séminaire auquel j’ai eu le plaisir de participer  plusieurs fois activement , et dont je souhaite ardemment qu’il se poursuive dès que les conditions sanitaires le permettront de nouveau.

Il y a en effet une affinité particulière du cinéma et de la psychanalyse, nés tous deux  à la même époque. L’inconscient porte la marque des formes artistiques contemporaines, et au premier rang de celles-ci, il y a le cinéma. Combien de fois n’ai-je entendu ce lapsus, où surgissait le mot film  s’agissant d’un rêve ? La mythologie de notre temps est cinématographique. Crash de David Cronenberg en est un très bel exemple. C’est la fable d’un monde devenu celui de la science, où les technologies sont devenues nos mythologies quotidiennes, et les machines des condensateurs de libido. Il est question d’une projection de ce film à la rentrée à Liège, dans le cadre de la préparation des prochaines Journées de l’ECF, dont l’intitulé choc est  :Attentat sexuel.

J’avais évidemment ce thème à l’esprit en lisant ces jours derniers l’autobiographie de Woody Allen: A propos of nothing, parue en français chez Stock sous le titre Soit dit en passant. Ce livre, que je tiens pour ma part pour un livre courageux, n’élude pas les accusations que l’on sait. Mais il est à souhaiter qu’il ne soit pas lu seulement dans cette perspective. Voeu pieux sans doute. On y trouve par exemple cette anecdote savoureuse à propos d’Antonionni. Celui-ci soumet à la lecture de Jack Nicholson le synopsis d’un projet de film -une comédie- , pour lequel il a songé à l’acteur. Curieux, Nicholson le lit sur le champ, et est peu à peu pris d’un fou rire. Antonionni est heureux: Tu trouves cela drôle donc ? Mais non, répond Nicholson, ce qui me fait rire, c’est que tu trouves qu’il s’agit d’une comédie ! Antonionni rêvait de réaliser une comédie, quand Woody Allen n’avait qu’une seule ambition, c’était de réaliser une tragédie ! La vie s’en est chargée à sa manière.

 

 

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