Lundi 11 juin

Voici quelques photos dues à Jean-Claude Encalado prises ce samedi en la galerie RossiContemporary au vernissage de Cent ans après J.C,  l' exposition d'Alain geronneZ dont aucun des lecteurs de ce blog n'avait compris le titre!

 

 

Dans la photo de droite, on reconnait autour d'Alain geronneZ le photographe Daniel Locus et le galeriste Francesco Rossi. Dans celle du centre, on aperçoit Julie Rouanne et Max Frank, auteurs d'une performance à 16h33'  en la galerie. A gauche: Elektro, tryptique d'Alain geronneZ.

 

Cent ans et 4' 33" après John Cage, Alain geronneZ s'amuse et nous amuse avec une inventivité désarmante, malicieuse, poétique, intelligente, multiforme. C'est donc à bon droit que la galerie Rossicontemporary a installé sur sa devanture une enseigne Place Marcel Broodthaers (oeuvre d'Alain)  assurément mieux à sa place en ce lieu que dans le square sans âme de l'avenue Fonsny où elle semble s'être égarée. De tous les artistes pour qui Marcel Broodthaers compte tout spécialement, Alain geronneZ est à coup sûr le plus fidèle et le plus original. 

Broodthaers et John Cage, voilà en vérité deux phares exigeants. Car s'il voyage ainsi en bonne compagne, Alain geronneZ n'a rien d'un suiveur. Il tient d'ailleurs que les grand artistes, contrairement à une idée trop reçue, ne sont pas ceux qui ouvrent des portes, mais au contraire ceux qui en referment.

Si les oeuvres de Marcel Broodthaers avaient régulièrement la structure d'un rébus, l'assonance et  l'anagramme sont la pierre d'angle de beaucoup  de celles d'Alain geronneZ. Exemple dans la présente exposition: la série jubilatoire de photographies Calais en Leica , ou :  en calèche cent ans après Alphonse Allais !

On admirera aussi les compteurs électriques en trompe l'oeil, variation subtile sur le thème du tableau retourné  combinant l'accrochage et le décrochage. Et que dire du jaguar dans le tapis, à moins qu'il ne s'agisse d'un tapis dans la jaguar trônant au coeur de la galerie.? Et si c'était une manière d'autoportrait ? N'ai-je pas fait il y a quelques jours un rêve où, allongé sur le flanc à la manière majestueuse du  Dieu Neptune, Alain m'apparaissait dans  la peau  d'un poulpe gigantesque ? Ah comme j'aurais aimé que Jean-Claude Encalado puisse immortaliser cette épiphanie !

Une réflexion au sujet de « Lundi 11 juin »

  1. Merci, Yves, pour ce beau "conte rendu"! Permets-moi d'encourager à mon tour le monde à se rendre chez Rossicontemporary.
    Sentant après Jean-Claude, l'odeur de basilic de Francesco, ressentant à nouveau quelques secousses de réticence pour Elektro -ces dépeints que l'on décroche ou cache n'ont ils pas pour point commun leur mœurs de haut vol(t)age? (pour ceux qui n'ont pas encore vu l'expo, l'accrochage comme le contenu "interne" d'Elektro est un clin d'œil au "Rake's Progress" du peintre William Hogarth, qui au Soane's Museum, se dévoile panneau après panneau, en volets ou à la dérobée… ou comment feindre la pudeur pour mieux appeler au voyeurisme)… je me sens, somme toute, touchée par les inspirations qui émanent de l'exposition. Que l'on se penche, par exemple sur le jaguar tapi dans la Jaguar… n'y retrouve-t-on pas, en un seul objet l'idée de confort, de luxe, de menace tarie… que dégageait mon ami le cobra dans son environnement cosy comme alarmant chez Broodthaers? (cf Decor: a Conquest by M.B…) Allons, je ne vais pas m'étaler sur ton blog, mais je conseille à tous ceux qui passent par Bruxelles ou y sont d'aller voir l'exposition… qui nous montre également des œuvres de Pierre Lauwers, Eric Van Hove et Nina Grgic.
     
    Qui va nous faire un grand reportage?
     
    Danielle

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