Jeudi 6 juin

J’avais supplié mon ami le pianiste Jean-Luc Plouvier, qui veille à mon éducation musicale, de m’obtenir une place pour Einstein on the beach hier soir au Kaaitheater. En vain. Pensez donc: pour cette unique représentation à Bruxelles, il fallait s’y prendre un an à l’avance pour s’assurer d’une réservation. De telles prévisions ne sont pas dans mes habitudes! En dernière minute, grâce à Janine Dath, j’ai par bonheur pu assister à la chose.

Créé à Avignon en 1976, l’opéra de Philippe Glass et Robert Wilson est en effet l’objet d’une reprise, épurée de toute théâtralité, par l’ensemble Ictus et le Collegium Vocal de Gand, avec la participation de Suzanne Vega.

On entre dans Einstein on the beach comme on entre dans une cérémonie, dont on redoute un peu la longueur. Philippe Glass concevait d’ailleurs très bien qu’on en sorte de temps à autre ou qu’on s’y assoupisse, ce que  favorise certes le caractère hypnotique de sa musique. Ceci m’est arrivé au cours de la première heure, jusqu’à ce que soudain – quand précisément je ne saurais le dire-, je sente le spectacle décoller, et l’apparente monotonie de cette musique répétitive nous entraîner dans une spirale fascinante, où des échos de Purcell glissaient étonnamment vers les volutes planantes de Pink Floydt à Pompéi, cependant que  de sa voix pure, à la diction parfaite, Suzanne Vega  achevait de nous envoûter.

Mais ce qui m’a le plus soufflé, c’est la formidable performance de Jean-Luc Plouvier, qui,  plus de trois heures durant, n’a quasiment jamais abandonné son clavier. Et quand il le fit, ce fût…pour mêler sa voix au choeur, lors d’un des moments les plus forts de cette soirée mémorable.

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