Mardi 21 mai

Le jeune Ahmed, le nouveau film des frères Dardenne était programmé hier soir au Festival de Cannes, et simultanément présenté en avant-première à Bruxelles au Palace. C’est un film…radical, si j’ose dire étant donné son propos.  Portrait d’un jeune garçon qui bascule dans l’islamisme, Le jeune Ahmed traite en effet de l’engrenage de la radicalisation, qui le mène au point de commettre une tentative d’assassinat.  Cependant le véritable objet du film n’est pas cet engrenage mais sa sortie fort problématique, l’impossible déradicalisation.

Rien n’entame la détermination d’ Ahmed, et certainement pas  les tentatives rééducationnelles ou la psychologie. Au contraire! L’attirance pour une jeune fille qui l’a troublé pas davantage. Sa haine se concentre d’ailleurs  sur la personne la plus bienveillante à son égard, l’institutrice qu’il a tenté d’assassiner, projet auquel il ne renonce pas.Quelle rédemption pourrait donc bien survenir ? Question récurrente dans les films des Dardenne. Par où un retournement subjectif peut-il s’opérer chez le jeune Ahmed, par quel miracle? Quelle chute, semblable à celle de Saint Paul sur le chemin de Damas, l’arrachera donc à la capture de son esprit? Eh bien, une chute précisément. Une chute dont son corps ne sortira pas indemne.

C’est en quoi le film des frères Dardenne est radical, de nous montrer qu’il n’y a rien à espérer contre les passions mauvaises, sauf à ce que le sujet touche au prix fort combien c’est à ses dépens qu’il s’y est rué.

 

 

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