Dimanche 20 mai

Un indice à propos des "Cent ans avant J.C." : il est question d'un grand apôtre du hasard…

Je rentre de Strasbourg, où mes excellents collègues de la Section Clinique m'avaient convié à une conversation avec le philosophe Jean-Luc Nancy sur le thème de la répétition. Jean-Luc Nancy avait naguère, avec son copain Lacoue-Labarthe écrit un ouvrage auquel Lacan avait rendu un hommage, certes ambigu dans son Séminaire Encore : c'est avec la plus grande satisfaction que je l'ai lu. Je désirerais soumette votre auditoire à l'épreuve de ce livre, écrit dans les plus mauvaises intentions… Je n'ai jamais été si bien lu – avec tellement d'amour ; Bien sûr, c'est un amour dont le moins que l'on puisse dire est que sa doublure habituelle dans la théorie analytique n'est pas sans pouvoir être évoquée… C'est qu'ils me dé-supposent le savoir. Et pourquoi pas? ( p. 62-64 du Sém.20)

Aujourd'hui Jean-Luc Nancy ne désuppose plus le savoir à Lacan. Il ne peut tout simplement plus le lire, dit-il. Ca lui tombe des mains. Idem pour Kierkegaard. La Répétition lui tombe des mains. Cette histoire d'amour impossible, ça ne lui parait pas très sérieux. Fichte, Hegel, Schelling, le devenir de l'esprit, la vraie philosophie quoi, c'est quand même autre chose. À l'en croire, la question de la répétition n'intéresse d'ailleurs plus guère de monde, hormis les musiciens parce que la musique  est répétitive par essence. Soit. Quant au livre que je lui avais fait parvenir, il l'a égaré avant de l'ouvrir ! Étrange dialogue donc, mais parfait pour illustrer qu'il n'y a de vérité que du malentendu. 

Hier c'était la Saint Yves, saint patron de la Bretagne, des juges, des avocats et des voleurs! Il y a deux légendes que j'aime bien à propos de Saint Yves. Selon la première, la statue de Saint Yves s'animerait une fois l'an en l'église de Tréguier à l'occasion du grand pélerinage rassemblant les fidèles. Mais cela à l'absolue condition qu'on ne la regarde pas!

La deuxième est une sorte de fable. Un pauvre hère crevant famine humait chaque soir avec délice les bonnes odeurs au seuil d'une auberge. Le tenancier, agacé de le voir camper là en permanence, sollicite l'arbitrage de Saint Yves. N'est-il pas en droit d'être payé par le bonhomme pour ces festins olfactifs? Saint Yves en convient et condamne celui-ci au payement de deux écus. Le malheureux s'exécute, tend deux écus à Saint Yves, qui les fait tinter à l'oreille de l'aubergiste et les rend promptement à l'autre !

3 réflexions au sujet de « Dimanche 20 mai »

  1. Par rapport à la jolie fable de l'aubergiste, de Saint-Yves et du pauvre hère crevant famine, me revient cette expression triviale aux relents désagréables que j'ai maintes fois entendu dans ma jeunesse: "les noirs disent : on ne mange pas l'odeur". Donc l'argent t(e)inte et le repas passe sous le nez, vive l'odeur de sainteté.
    *
    Je suis allé il y a longtemps à St-Yves dans les Cornouailles voir l'atelier et le jardin de Barbara Hepworth, avec ces sculptures dans une végétation luxuriante (le micro-climat des Cornouailles!) mais je me souviens aussi, là bas, du cimetière municipal surplombant par dessus la falaise la plage ou s'ébattaient les vacanciers. L'âme et le corps (corpse). C'est une image mentale qui me reste, mais je dois en avoir quelque part une image physique. St-Yves, c'est le Laethem St Martin anglais… Vive Yves. AgZ

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