Mardi 4 septembre

Le 13 septembre prochain – qui n’est pas un vendredi mais un jeudi, j’en suis navré-, sortiront  à La Lettre Volée ces « Carnets d’un blogueur épisodique », qui reprennent l’essentiel des six premières années de ce blog.

J’ai commencé ce blog vraiment sans grande réflexion préalable. Je n’étais pas du tout  familier des « réseaux sociaux » qui apparaissaient sur le net. Je ne me suis inscrit sur Facebook par exemple que 2 ou 3 ans plus tard.
Qu’est-ce qui qui m’a poussé à ouvrir ce blog?  Sans doute un faisceau de facteurs sont-ils intervenus: j’avais quitté les comités de rédaction de 2 revues de psychanalyse (Quarto et La Cause Freudienne) auxquelles j’avais collaboré activement pendant de longues années et suspendu le cours que je donnais régulièrement à la Section clinique de Bruxelles. J’étais donc libre de consacrer ce temps disponible à d’autres activités qui me tenaient à coeur,  dans le champ artistique plus particulièrement, et ainsi sortir du cercle à mon goût trop fermé sur lui-même de l’institution psychanalytique. Pourquoi pas un blog, adressé au tout venant, où je parlerais de mes intérêts divers, du point de vue d’ un psychanalyste mais pas seulement , aussi d’un passionné d’art et de littérature – ou de tennis!-  et d’un citoyen ayant quelques convictions ? Le hasard d’une conversation  avec ma fille cadette ,en voiture sur le chemin de l’école, précipita cette décision . Nous étions le vendredi 13 janvier 2012 !
Ce désir fut rapidement  renforcé par un événement grotesque (mais alarmant): la communication par la Sûreté de l’Etât d’un rapport  qui rangeait la psychanalyse parmi les pratiques sectaires. Le Soir qui avait donné une certain écho à cette connerie me refusa la publication d’une carte blanche qui la brocardait. Soit. Le blog me servirait de samizdat.
A l’époque, dans le champ freudien, il n’existait guère qu’un blog , auquel je collaborais d’ailleurs occasionnellement (LacanQuotidien). Quelques années plus tard, les blogs se sont multipliés, dans le champ freudien comme dans tous les autres. Du coup, c’est devenu un peu Hyde Park sur la toile, où  tout se volatilise à la vitesse de l’éclair.
L’idée de publier ce blog sous la forme d’un livre est venue peu à peu de ce constat. Rien de ce qui se lit sur le net ne s’inscrit; c’est le règne de l’éphémère, de la réactivité immédiate et le plus souvent sans lendemain. C’est  d’ailleurs pourquoi je n’ai jamais rien mis moi-même en ligne de  mon blog sur Facebook; quand quelqu’un y partageait  une page de mon blog, là oui, je la relayais, mais par moi-même je m’y refusais, mon souhait n’étant en outre  pas de m’adresser à des « amis » présélectionnés.
Alors c’est quoi ce blog? Certes il est écrit à la première personne, mais il ne s’agit  pas pour autant d’ un journal intime -à supposer que cela existe, dès lors qu’il est publié- et que de plus il s’ouvre à des retours en temps réel- ,  ce n’est évidemment pas un journal clinique  – je n’y ai fait aucune allusion directe à ma pratique-,  pas davantage un recueil de chroniques à la thématique bien définie – j’y parle de ce que bon me chante (enfin à peu près) et quand il m’en prend la fantaisie. Bref, il  a représenté pour moi un espace de liberté bienvenu, où je n’obéissais qu’à une seule contrainte : celle de la forme courte. Ne rien y écrire qui exige plus de 24 heures.

J’y ai pris du plaisir. C’est pourquoi, alors que j’en étais un peu lassé, et que j’avais laissé fermer le site qui l’hébergeait fin 2017, je l’ai finalement rouvert en mars 2018!

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