Vendredi 6 octobre

Résumons-nous! : tel est le titre d’un pavé de près de 1000 pages  paru dans la collection « Bouquins » chez Laffont,  rassemblant les chroniques d’Alexandre Vialatte dans le journal La Montagne. Qu’est-ce qu’une chronique à la manière de Vialatte? C’est, dit-il fort joliment, comme une herbe dans les fentes d’un mur, entre les pierres de l’emploi du temps.

Et bien, résumons-nous! Entre les pierres de l’emploi du temps, je tiens ce blog depuis bientôt 6 ans. Pour différentes raisons, j’ai eu peu de goût à « m’exprimer » ces derniers temps. La  rage de l’expression est une belle expression de Francis Ponge, qui pressait les mots comme des é-ponges. Voir là-dessus l’excellent livre de Pierre Malengreau L’interprétation à l’oeuvre, récemment publié à La lettre volée. Un psychanalyste, quant à lui, éponge douleurs, amertumes, angoisses, et, sa journée terminée, se retrouve parfois bien lessivé. Alors, s’exprimer est au-dessus de ses forces!

Ce qui m’ a tout de même enragé ces derniers jours, c’est d’entendre répétitivement évoquer ce stupide « point Godwin » à chaque fois que se dénudait le retour en force de l’idéologie fasciste sous nos cieux. Même Marcel Sel, ô combien attentif à ces rémanences, considérait malvenue la caricature en officier nazi  de cet espèce de skinhead en costume trois pièces nommé Francken. En résumé, le point Godwin est en vérité devenu le vrai point Godwin de tous les commentaires.

 

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