Mercredi 3 mai

Parmi les soutiens de Benoit Hamon, il y avait Thomas Piketty. Et parmi ceux de Melenchon, Chantal Mouffe.

Piketty est l’auteur du Capital au XXIème siècle,  livre qui lui a valu la notoriété internationale, et en particulier un accueil remarqué aux Etats_Unis, où il fut salué par Paul Krugman à sa parution en 2013 comme un livre essentiel pour comprendre l’évolution économique de notre temps. Chantal Mouffe,  dont l’oeuvre  de philosophie politique est restée longtemps fort  ignorée en France – on  y connait un peu mieux le nom de son mari, Ernesto Laclau – est elle aussi une star dans le monde anglo-saxon et  un des maîtres à penser du mouvement « Podemos ».

Piketty a donné ce 29 avril  une interview à Libé, journal dans lequel il a régulièrement chroniqué. Je ne peux qu’en  recommander la lecture et son appel à voter pour Emmanuel Macron. Plus nombreuses seront les voix à se reporter sur celui-ci, et plus il sera clair que ce n’est pas son programme qui est accrédité, argumente-t’il très justement. Avis aux mélanchonistes tentés par le ni-ni au 2ème tour.

Chantal Mouffe, qui est née, tout comme moi, à Charleroi, y est revenue récemment pour une conférence. Je n’ai pu y assister, et je le regrette. Est-ce à cette occasion qu’elle est tombée sous le charme de son bourgmestre Paul Magnette, par ailleurs, président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, je ne sais ? Elle en parle en tous cas depuis comme d’ »un véritable homme de gauche » , ce qui me laisse rêveur. Sans doute a-t’elle été impressionnée par son opposition au CETA, qui fit gémir les dirigeants européens, guère plus que le temps d’une semaine, mais assez pour passer pour pour le Guevara de Charleroi.

Un des chevaux de bataille de Chantal Mouffe est que la gauche a négligé depuis trop longtemps le champ idéologique et culturel. Fidèle à l’enseignement de Gramcsi, elle considère que la lutte pour l’hégémonie dans ce domaine n’est pas moins essentielle que la lutte  sur le terrain social et économique. La droite, elle, ne s’y est pas trompée. A preuve, son application à écrire ou réécrire l’histoire dans le sens qui convient à ses intérêts (récit national, histoire de la colonisation, valeurs occidentales,etc.). Pendant ce temps, la gauche  de gouvernement, convertie au libéralisme, s’applique au réalisme économique. C’est le socialisme managérial, tel qu’on en découvre les glorieuses réalisations dans une ville comme…Charleroi, dont la « ville basse » a été livré aux promoteurs pendant plusieurs années, et sur les ruines duquel vient d’émerger, construit avec le concours de dizaine d’ouvriers égyptiens sous-payés (quand ils l’étaient) recrutés pour l’occasion, le monstrueux complexe commercial baptisé « rive Gauche ». J’en recommande la visite à Chantal Mouffe.

 

 

 

 

 

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