Mercredi 15 juin

Quelques réflexions à propos de la nouvelle législation sur les psychothérapies:

1: Votée il y a 2 ans, la loi Onckelinx avait mis un terme à un débat interminable à propos des conditions d’exercice de la psychothérapie, de la reconnaissance de ses praticiens et de la liberté de leur orientation clinique. La loi De Bock défait d’un seul coup l’ensemble de ces points. On reconnait là le style délibéré de passage en force de ce gouvernement, dans toutes les matières: services publics, salaires, pensions, chômage, droit d’asile, prisons, justice, culture, et maintenant santé publique. A chaque fois, est recherché le KO debout. C’est la politique du geste fort, selon le syntagme affectionné par ses exécutants, qui emporte l’adhésion d’une part importante de l’opinion publique, en Flandre tout particulièrement , mais aussi dans le Sud du pays où Mme De Block est la personnalité la plus populaire selon de nombreux sondages. Cette politique continuera de plus belle, aussi longtemps que tiendra la coalition dite suédoise.

2. Il n’y a donc rien à espérer d’une quelconque concertation avec le ministère de la santé. Mme De Block ne modifiera pas son texte d’un iota. La seule réponse est donc d’appeler les psychothérapeutes qui ne s’y reconnaissent pas à  la contre-offensive, c’est-à-dire ne pas s’y soumettre.

3. Ils ont pour cela des raisons de fond. Mais aussi des raisons que leur donne dans sa formulation la loi elle-même. Comme l’a relevé judicieusement la pétition mise en ligne depuis 2 jours sur le Forum des psychanalystes, il y est explicitement question, non de psychothérapie , mais de thérapie -entendez orthopédie- du comportement. Il n’y a donc aucune raison que les praticiens de l’écoute se reconnaissent dans cette catégorie.

4. Cette loi ne concerne pas directement les psychanalystes. Mais elle les regarde. Ils sont impliqués et solidaires des psychothérapeutes nombreux orientés par la psychanalyse, qui se sont formés dans les instituts mis en place par les associations psychanalytiques. A travers cette loi, c’est aussi le combat pour la psychanalyse  laïque qui resurgit avec force. Soit le combat pour une pratique psychothérapeutique, qui ne soit pas la chasse gardée des médecins et des psychologues, c’est-à-dire de l’Université.

5. Il s’agira donc de rendre cette loi inapplicable: d’y désobéir et de le faire savoir. Cela entraînera des risques, sans doute. Ce sera l’occasion de se compter. Il faudra organiser la solidarité avec ceux dont la liberté de pratiquer sera inquiétée, informer l’opinion de notre cause, solliciter tous les appuis possibles dès aujourd’hui.

6. J’invite tous les lecteurs de ce blog à prendre connaissance de la pétition mise en ligne sur le site www.forumpsy.be, et à la signer.

6 réflexions au sujet de « Mercredi 15 juin »

  1. Lancer un appel à FAIRE VŒUX DE DÉSOBÉISSANCE, je m’y exerce déjà !
    Merci Yves pour ce texte, qu’il vaudrait lancer sur tous les réseaux sociaux tout azimut avec ton accord

  2. Personne ne parle de la question du remboursement des « soins psy » par la sécurité sociale, comment se fait-il? Merci de vos réponses…

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