Dimanche 22 mai

On ne peut pas être sur tous les fronts! Alors je doute fort de poursuivre mon reportage sur les fastes et les pompes du concours Reine Elisabeth, qui entre dans sa phase, non  pas terminale – encore que – mais finale. Je dis encore que,  vu que c’est  de plus en plus le cas du royaume de Belgique, et qu’évidemment ça ne présage pas un avenir radieux à cette manifestation, dont on pourrait d’ailleurs se demander s’il n’est pas la dernière raison d’être dudit royaume.

Mais je m’égare. Si je délaisse cet événement qui tient tout à la fois du rituel le plus cérémonieux et de The Voice , ce n’est pas parce que la personnalité la plus attachante à mes yeux parmi les concurrents de la demi-finale, le très jazzy Leonardo Perdomenico, n’a pas franchi cette étape, mais parce que débute ce dimanche un autre marathon , je veux parler de Roland Garros!

A dire vrai, je n’aime pas trop l’atmosphère de Roland Garros ces dernières années et  lui préfère infiniment celle de Wimbledon. Je suivrai  donc le tournoi à la télévision. Il y a un  jeune joueur plus que talentueux que j’aimerais particulièrement ne pas louper. Il s’appelle Alexander Zverev et j’ai eu la chance de le découvrir en août dernier pendant un séjour  à New-York en compagnie de ma fille Zazie, où j’ai fait un tour aux qualifs de l’US Open. Le gars n’a pas plu qu’à moi. Ah que ne suis-je devenu joueur professionnel ! Les plus belles joueuses junior se pressaient autour du terrain pour le voir.

On ne peut pas être sur tous les fronts. Mais se tenir en permanence sur un seul m’a toujours profondément déplu. De façon générale, je n’aime pas faire les choses de manière systématique. Je crois aux vertus du détour, du vagabondage, du papillonnage. Quelqu’un comme Sebald avait le sentiment que je partage, qu’on ne trouve jamais rien qui vaille par une autre voie. Regardez un chien qui obéit à son flair, écrivait-il. La façon dont il traverse un bout de terrain est absolument imprévisible.Mais invariablement il trouve ce qu’il cherche.Les personnes monoidéiques m’épouvantent. Est-ce être infidèle à la psychanalyse par exemple qu’aimer le cinéma? Ceux qui le pensent ont une autre conception que la mienne et de la psychanalyse et du cinéma, et donc,forcément, de l’existence.

 

 

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