Mardi 30 août

 

Où en suis-je donc avec ce blog ? Il se fait vieux…pas loin de 11 ans ! Un bail. A chaque fois que j’en interromps la tenue, la question se fait plus insistante. Quand j’ai décidé d’en publier les 6 premières années ( La vie anecdotique, La Lettre Volée éd.), j’ai pensé en rester là. Faut croire que je n’en étais pas lassé.

En en faisant un livre, je livrais une manière de témoignage sur ce à quoi pouvait bien s’intéresser un psychanalyste au cours de ce premier quart de siècle. Naturellement, il est bien des choses que je n’y ai guère évoquées. En aucun cas, il ne s’agissait d’un journal clinique. Encore moins d’un journal intime, même s’il est résolument écrit à la première personne. J’ai plutôt tenté d’approcher ce qu’avait entrepris un siècle plus tôt Guillaume Apollinaire dans ses chroniques au Mercure de France, dont j’ai repris le titre. Ou de ces autres chroniques que tenait Alexandre Vialatte dans le journal La montagne, et qu’il définissait comme « une herbe dans les fentes d’un mur, entre les pierres de l’emploi du temps ».

Cinq ans plus tard, suis-je fatigué de cet exercice ? Je ne peux pas dire cela. Certes je ne m’y applique plus avec la même régularité qu’en ses débuts. Mais j’y recours encore avec un certain plaisir. Je me suis aussi aperçu cet été, en rejetant un coup d’oeil en arrière sur ces onze années passées, et en découvrant que j’avais parlé de ceci ou de cela, que j’avais complètement oublié, qu’il me servait en quelque sorte d’aide-mémoire. J’y ai ainsi retrouvé des éléments qui m’ont été utiles pour la rédaction d’un article auquel j’étais occupé. Ca ne m’a pas rassuré. Entre les pierres de l’emploi du temps, bien des herbes fanent aussi . « Nos souvenirs sont cor de chasse / Dont meurt le bruit parmi le vent », comme disait Guillaume l’enchanteur.

Sur le net, les herbes fanent à une allure démentielle. Tout s’y volatilise. File dans le cloud ! Ca ne cesse pas de ne pas s’inscrire. Mais y a-t-il lieu plus adapté  que cet Hydepark moderne pour parler à lacantonade ?

André Markowicz, que j’évoquais le 24 juillet dernier à propos de son libelle Et si l’Ukraine libérait la Russie, n’y recule pas. Ce matin encore, il a posté sur FB un texte magnifique, qui m’encourage à poursuivre.