Mardi 12 avril

 

Ici et là, au gré de déambulations plaisantes  à Bruxelles et à Paris, j’ai glané quelques images intéressantes.

A la Fondation Boghossian, une exposition commissionnée par Louma Salamé s’ intitule Portrait of a lady, qui réunit diverses représentations de la femme à travers les âges. J’ai beaucoup aimé celle qui y accueille le visiteur, dûe à Joana VasconcelosA Beaubourg , c’est la mère de Charles Ray qui s’occupe de l’accueil ! Dans la lignée de Titien et de Manet…

Au Louvre, la Marquise de Solana de Francisco Goya ne manque pas d’allure non plus dans son genre. Elle se trouve un peu perdue dans la salle voisine à la Lady Macbeth de Füssli, à qui j’avais rendu visite voici peu.

 

Il y avait ce week-end beaucoup plus de monde au Louvre, qui, pour Lady Macbeth,  m’avait été ouvert un mardi, jour de fermeture.  Pas un chat dans la Galerie des Italiens ! Quel privilège !  J’ai pu vérifier cette fois-ci qu’on y avait réaccroché les deux Arcimboldo que j’avais découverts de retour d’une rétrospective à Metz. Louise Lawler et Alain geronneZ auraient aimé cet « arrangement »:

Ce qui m’avait surtout conduit au Louvre cette fois, c’était l’exposition du Livre d’images de Giorgio Vasari. A l’origine, sa Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes était accompagnée d’ un livre de  dessins et croquis, qui a été perdu. On en a cependant, au fil de  longues recherches ardues , retrouvé seize qui font,  pour la première fois, l’objet de la présente  exposition. Vasari a notamment reproduit un dessin qui avait ébloui Michel-Ange en personne:  Jeune  fille se riant d’un enfant mordu par une écrevisse de Sofonisba Anguissola, une artiste fort estimée de son vivant -elle fut même appelée à la cour d’Espagne- , un demi-siècle avant Artemisia Gentileschi. L’image est protégée par des droits, qui ne me permette pas de la reproduire ici, mais elle est aisément trouvable sur le site du Louvre.

Je termine par une trouvaille faite au Garage Cosmos à Forest, le lieu trop discret où, depuis plusieurs années, Eric Fabre nous dévoile régulièrement les trésors de sa collection. L’exposition présente, conçue en collaboration avec Dominique Rappez, s’intitule, en écho à James Joyce, Chaosmos. Elle rassemble des oeuvres remarquables qui témoignent de l’influence de la littérature sur les arts plastiques au XIXème et XXème siècles jusqu’à aujourd’hui. Et j’y ai découvert avec excitation Je hais le mouvement qui déplace les lignes, un fascicule réalisé par Broodthaers  autour de ce vers de Baudelaire, oeuvre que je n’avais jamais pu feuilleter. J’aurai sans doute l’occasion d’en dire un mot à l’occasion de la présentation de mon Eloge de Marcel Broodthaers, ce jeudi 14 avril à la librairie Peinture Fraîche.