Samedi 6 octobre

J’aurais mauvaise grâce à ne pas évoquer la publication du Flâneur des deux rives (éditions de l’Eclat, Paris, 2018) de Guillaume Apollinaire. Ce petit volume réunit en effet dix des chroniques (quelque peu réécrites) publiées entre 1911 et 1917 au Mercure de France, dont j’ai emprunté le titre pour ma Vie anecdotique.

Le flâneur des deux rives parut initialement aux éditions de la Sirène (fondées par Blaise Cendrars et Paul Lafitte) cinq mois après la mort du poète. Il fut vraisemblablement composé à la demande conjuguée de Cendrars et Cocteau, qui en choisirent sans doute le titre parmi ceux envisagés par Apollinaire. A travers l’évocation de lieux parisiens variés (quais, boulevards, boutiques, bibliothèques, cafés..) et des figures pittoresques qu’il y croise, se dessine le portrait de Guillaume, promeneur allègre et curieux de tout, tendre et ironique.

J’aurais mauvaise grâce aussi de ne pas évoquer la parution à la Lettre Volée, simultanément à celle de mes carnets, de Pornographie du contemporain, essai bienvenu  de mon copain Laurent de Sutter consacré à Jeff Koons, et celle de quatre -pas moins!- beaux  ouvrages d’artistes que j’apprécie, et qui constituent  en somme chacun à leur manière des formes d’arpentage.

Il y a le mode de la flânerie nostalgique  pour ce qui concerne Jean-François Pirson avec D’être en montagne. Le mode rétrospectif, avec  Voyons voir de Bernard Villers, dont en ce moment a lieu au Botanique une superbe exposition intitulée La couleur manifeste. Sous un mode ironique, voici le Classement Diagonal de Bruno Goosse, explorant le champ de bataille de Waterloo à travers les parcours de  golfs qui s’y sont multipliés !  Enfin, avec Archives du futur de Cécile Massart, qui expose elle aussi en ce moment dans le cadre de l’exposition Résistance(s) à la Centrale for contempory Art, , nous arpentons les sites inquiétants de la  production de l’énergie nucléaire et de ses déchets radioactifs.