Dimanche 2 avril

Pas du tout frais comme un gardon ce matin, et peu acribilique ( si cela se dit mais sonne un peu trop comme atrabilaire) : je n’arrivais plus à me souvenir avec précision de ce que j’avais pondu la veille sur ce blog. Je comprends pourquoi en me relisant rapidement. C’est que je n’ai rien dit de la fake new à laquelle j’ai naïvement cru quelques heures hier. Avoir avalé  cette couleuvre m’avait un peu vexé.  J’avais eu l’intention d’en dire un mot, et n’en avais donc finalement rien fait. De là sans doute cette impression d’oubli, qui portait moins sur ce que j’avais dit que sur ce que je n’avais pas dit.

De quoi s’agissait-il? D’un poison d’avril imaginé par la Libre Belgique: François Fillon aurait été aperçu à la recherche d’une résidence où oublier ses ennuis judiciaires et retrouver un peu de tranquillité après les élections. Et où cela? Mais à Uccle naturellement, la commune du « Bel Armand » Dedecker ( j’adore ce « bel » Armand, qui lui sied comme au « bon » roi Dagobert ou au « beau » Serge de Chabrol) . En échange, celui-ci eut pu sans doute trouver asile à Sablé sur Sarthe !

On a vu pire, me direz-vous, en fait de « faits alternatifs ».  Ces temps derniers, c’est tous les jours le 1er avril et la fête de la post-vérité. Ceci nous accoutume manifestement petit à petit à gober n’importe quoi.

 

 

Samedi 1 avril

Bien entendu, je participe à la campagne initiée à partir de l’Appel des psychanalystes contre Marine Le Pen. Cette campagne a pris de l’ampleur. Assez en tous cas pour que la fachosphère s’en émeuve. Avec, faut-il le dire, sa délicatesse  coutumière.

Une série de conversations anti Le Pen (Scalp ! ) est prévue un peu partout, et à Bruxelles un Forum Européen contre la montée des extrêmes droites en Europe nous réunira le 22 avril prochain. Je ne pourrai malheureusement y être présent, car je m’en voudrais de faire faux  bond  à mes amis du PPA (Programme psychanalytique d’Avignon), m’étant de longue date engagé à cette date  à une conférence  sur le thème qu’ils ont mis à l’étude cette année: Le trou du regard.

Toutes les informations et contributions à cette campagne sont aisément consultables sur les divers sites de l’ECF et du Champ Freudien, en particulier www.lacanquotidien.fr.

On y trouvera le « Journal extime » de Jacques-Alain Miller, qui s’est lancé allègrement  dans cette bataille.  Il y a à boire et à manger dans ce Journal. Son flirt avec la réincarnation de Lauren Bacall, voilà par exemple qui m’indiffère complètement. Mais ce n’est pas son moindre mérite que d’opposer à  cette sinistre conjoncture joyeuse humeur , gai savoir et  cette acribie, dont il fait à plus d’une reprise crédit à l’un ou l’autre . Acribie (du grec acribia: exactitude)  est un mot que j’ignorais jusqu’à ce jour, et d’ailleurs absent de la plupart des dictionnaires.

Ainsi, dans la dernière livraison de ce Journal extime,  son acribie s’exerce avec brio autour de l’expression « frais comme un gardon ». Si je peux me permettre, j’enchainerai ,hardiment pardi,  d’une lettre sur ce gardon. Gardons- nous à droite, gardons-nous à gauche ! Que tout politicien, de droite ou de gauche – ou du centre, si vertueux!-   constitue  une incarnation du malin génie cartésien, autrement dit du poison d’avril, telle semble désormais la devise de Jam, au moment où il entreprend le commentaire de la  campagne à la manière d’Antoine Blondin suivant le Tour de France!