Vendredi 13 février

Sur une sorte de coup de tête, j’ai commencé ce blog, je le rappelle, un vendredi 13 ! Il y en aura trois en cette année 2015, ce qui n’est pas rare, mais pas courant non plus.

Treize – j’eus un plaisir cruel à m’arrêter sur ce nombre. Par hasard -mais peut-on croire au hasard autour d’une telle date! – je tombe cette semaine sur cette citation de Marcel Proust en exergue d’un texte en treize points de Walter Benjamin intitulé  sobrement Numéro 13 (in Sens unique, trad. Jean Lacoste, 10/18 ). Où se trouve cette phrase dans Proust n’est malheureusement pas précisé.

La suite du texte de Benjamin exciterait beaucoup Laurent de Sutter, qui n’est pas seulement l’auteur de la tribune de Libé que j’évoque dans mon précédent billet, mais aussi celui de l’excellent essai Métaphysique de la putain ( éd.Leo Scheer). En effet Benjamin y trace un parallèle formidable entre les livres et les putains, qu’on prend semblablement  dans son lit (c’est le point 1). Voici le point 13: Les livres et les putains – les notes en bas de page sont pour les uns ce que sont les bank-notes glissées dans le bas pour les autres. 

Mercredi 11 février

 La Lucrèce de Rembrandt (cf.mon billet du 1 janvier) me poursuit. Pas un jour depuis mon retour de Londres sans que je ne me sois plongé dans cette image, et toujours la même émotion, le même trouble. J’en connais bien le ressort fantasmatique.  Certains lui préfèrent  les Diane, les Salomé , les Judith et autres grandes castratrices vengeresses   Je les leur laisse sans regret !

Libé publie ce matin une tribune de Laurent de Sutter: La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ? Fascisme mou, oui, que ce discours de raison tenu par les autorités européennes, le Président de la Commission en tête, qui tient que les traités européens sont soustraits à tout vote démocratique, comme il se vérifie après les élections grecques.  Fascisme mou, fascisme rouge-brun, fascisme islamique, ces deux derniers s’épaulant allègrement (cf. dans Libé encore cette autre tribune du 4 février d’Andrei Piontkovski) ,  les temps ne sont pas à la fête.