Mercredi 19 novembre

Nous ne sommes pas une ataraxie ! : on pouvait lire ce slogan inattendu sur une banderole brandie au cours de la manifestation nationale de protestation du 6 novembre dernier dans les rues de Bruxelles. On le doit à une jeune artiste française bien sympathique, Juliette Lemmonier, qui voudrait à présent le déployer dans mon cabinet ! Nous ne sommes pas une ataraxie, c’est tellement vrai ! Je lui ai donné carte blanche.

Se masturber, c’est enfoncer d’autres clous dans la croix du Christ ! Quelqu’un que j’ai l’avantage d’entendre m’ a rapporté aujourd’hui cette sentence reçue  d’un pasteur protestant du temps de son adolescence! Diable !

Dans les Inrockuptibles, à propos d’une photographie de son postérieur qui fait le buzz, Kim Kardasian déclare pour sa part  généreusement : J’aime partager mon univers avec les gens.  

Il y a quelques fesses du même tonneau (si je puis dire) dans l’exposition Rubens: sensation et sensualité, actuellement au Bozar. C’est que, comme l’écrivait Winckelman, la Flandre est un pays où le beau sexe est communément bien nourri. 

Cette exposition semble avoir pour ambition première de nous convaincre que toute la peinture qui a suivi vient de Rubens. Voir Rubens, s’inspirer de Rubens, copier Rubens, on connait le conseil  de Delacroix à Manet.  On ne prête qu’aux riches, mais là c’est un peu trop: Murillo, Watteau, Fragonard, Constable, Daumier, Gericault, Delacroix, Manet, Renoir,  Picasso, je veux bien, quoi qu’on pourrait discuter, mais Rembrandt, c’est un contresens. Il ne suffit pas qu’il emprunte à Van Dijck le thème de Jupiter et Antiope ( dans une petite gravure contre laquelle j’échangerais tout le reste de l’exposition) pour qu’on puisse le ranger dans cette lignée. Il est vrai que comme le disait encore Delacroix, la peinture de Rubens est comme une assemblée où tout le monde  parle à la fois !

Allez une dernière citation, cueillie sur Facebook ce matin. Elle est de Winston Churchill, à qui l’on propose de réduire les crédits alloués à la culture en vue de l’effort de guerre: Alors pourquoi nous battons-nous ? 

 

Mardi 4 novembre

Ne me demandez pas pourquoi je suis devenu moins assidu à la tenue de ce blog, je n’en sais rien moi-même. Mais il se trouve que la nuit dernière, j’en ai pourtant rêvé . Je retournais à l’école pour y suivre des cours de grec moderne, et me disais « ça renouvellera mon blog » !

La semaine dernière j’étais pour quelques jours en Grèce.  Comme je métais  fait piquer mon ordinateur portable avant mon départ, il n’était pas question d’aller sur ce blog! Mais j’avais emporté quelques livres dont j’ aurais volontiers dit quelque chose ici. 

Je n’entends rien au grec moderne, mais aux cours de mes humanités,  l’étude du grec ancien m’a beaucoup plue. Pas au point cependant de souhaiter retourner dans cet établissement dont je garde un souvenir sinistre. Si je rêve de grec moderne, c’est en réalité parce que je n’y retrouve plus mon latin! Je ne dirai pas dans quoi. D’ailleurs peu importe.

Les livres que j’évoquais sont : les Cahiers de guerre de Marguerite Duras, formidable chantier de son oeuvre à venir, L’annulaire de Yoko Ogawa, troublant récit dans le style du meilleur Tanizaki, La lecture assassine, premier texte d’Enrique Vila-Matas, Chéri-Chéri, le dernier roman de Philippe Djian, qui hélas se termine en grand guignol, mais dont j’ai aimé la musique familière pendant les trois quart du livre, Un air de liberté de Chantal Thomas, recueil d’articles bien ficelé sur l’esprit libertin du XVIIIème siècle, et puis Les désarçonnés de Pascal Quignard, superbe d’érudition – en voilà un qui ne perd pas son latin!- et qui comporte plus d’une page admirable sur le thème de la guerre.